Le dialogue social et le tripartisme sont utiles et indispensables pour l’instauration d’un Etat de droit au service du développement. Dans le cadre des politiques publiques visant le développement inclusif et durable, le dialogue social constitue un levier incontournable aux mains, non seulement des pouvoirs publics, mais aussi des partenaires sociaux pour instaurer un climat social apaisé empreint de confiance réciproque. Il permet d’assainir l’environnement des relations professionnelles, gage de création des conditions favorables au développement économique et social.
Le Bénin, à l’instar de plusieurs pays africains en voie de développement, reste confronté à des défis majeurs dont la résolution reste en grande partie tributaire d’une situation sociale apaisée. C’est pourquoi, les gouvernements successifs depuis l’historique Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990, n’ont cessé de consentir des efforts pour assurer la mise en place et le fonctionnement des organes de promotion et de gestion du dialogue social. La création et l’animation de la Commission Nationale Permanente de Concertation et de Négociations Collectives Gouvernement/ centrales et Confédérations Syndicales en est une preuve. Cette Commission est chargée, entre autres, de recenser les doléances des travailleurs de tous les secteurs d’activités, d’étudier les revendications ainsi que les cahiers de doléances des Confédérations et Centrales Syndicales et de faire des recommandations pour la mise en œuvre de solutions consensuelles. Cette volonté politique affichée et les efforts déployés ces dernières années pour promouvoir le dialogue social n’ont pas empêché la survenue des conflits collectifs de travail soutenus par une fronde syndicale quasi permanente.
L’analyse de la situation révèle des dysfonctionnements à plusieurs niveaux du système. Déjà de par sa composition, la composition de la Commission Nationale Permanente de Concertation et de Négociations Collectives Gouvernement/Centrales et Confédérations Syndicales porte des limites. En effet, elle n’intègre pas la troisième composante non moins importante des partenaires sociaux qu’est le patronat. Il va de soi qu’une telle situation ne facilite pas une résolution durable de certaines crises et les problèmes liés au développement.
En outre, le déficit de concertation dû à l’absence de communication sociale réelle, au manque de confiance mutuelle entre les partenaires sociaux et au non-respect des textes législatifs et règlementaires notamment dans le secteur de la fonction publique, qui a été secoué par des mouvements de grèves au cours des cinq (5) dernières années, a nécessité la prise de décisions novatrices pour corriger la situation.
Il est donc nécessaire d’organiser le dialogue social à l’ère des réformes institutionnelles dans notre pays. L’élaboration d’une charte nationale de dialogue social qui est le fruit de la volonté des parties de prévenir et de gérer les conflits de travail sur la base des principes de légalité, d’égalité et d’équité est la parfaite illustration de la prise en compte des insuffisances relevées.
C’est dans ce cadre que le Conseil des Ministres a approuvé la signature au Bénin, le 30 août 2016, d’une Charte Nationale du Dialogue Social par l’ensemble des parties prenantes, à savoir le Gouvernement, le Conseil national du Patronat du Bénin et les Organisations syndicales des travailleurs.
La mise en œuvre effective de ladite Charte nécessite la mise en place du cadre institutionnel prévu par les dispositions de l’article 9 de la charte. Il s’agit d’un organe tripartite autonome avec des démembrements tant aux niveaux sectoriel et départemental, qu’à celui des services publics, des entreprises et établissements privés.
Aussi, le Conseil des Ministres a-t-il adopté le décret n°323 du 28 juin 2017, portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil National du Dialogue Social (CNDS) et de ses démembrements ainsi que le décret n° 2017-324 du 28 juin 2017, portant nomination de membres du CNDS.
La création de ce site web permettra certainement une meilleure connaissance de cette Institution qui a besoin des critiques constructives de tous pour améliorer ses prestations en matière de promotion du dialogue social.
Je souhaite à tous, la bienvenue sur le site web du Conseil National du Dialogue Social.
Guillaume ATTIGBE

